Union européenne et référentiels « formation – travail – compétences » : déploiement d’une politique publique européenne ?

Le café au sein de l'Union européenne

source – jpf-normandie.hautetfort.com/

L’Union Européenne mène depuis près de 15 ans une diversité d’actions autours des compétences, de la formation et de l’emploi, avec deux enjeux forts :

  • le développement du « citoyen européen » – comme il y a un citoyen américain ;-)) – via des concepts plus opérationnels de mobilité européenne ou de culture européenne ;
  • l’apprentissage (éducation et formation) tout au long de la vie. 
Cet intérêt marqué a démarré en mars 2000 au Conseil européen spécial de Lisbonne [1] : « Les États membres s’engageaient sans tambours ni trompettes dans la voie d’une mise en cohérence des systèmes éducatifs, ou tout du moins vers l’acceptation d’un pouvoir supra-national en la matière […]. In Christine Mousny, « La politique européenne d’éducation et de formation », Revue internationale d’éducation de Sèvres [En ligne], 29 | avril 2002. URL : http://ries.revues.org/1933.
L’annonce en juillet 2015 d’un projet de norme européenne [2] à partir de l’un des projets européens, me pousse à faire un point de la situation, point bien sûr non exhaustif et fortement orienté par mes sujets de prédilection – les référentiels de compétences métier.
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Sommaire
1. Revenons aux travaux d’Hercule de l’Union Européenne.
Des acteurs assez bien identifiés aujourd’hui
2. Principes fondateurs
L’apprentissage tout au long de la vie
Le renforcement des compétences-clés pour tout citoyen européen

3. Des outils dédiés à la formation
Cadre Européens des Certifications (CEC) pour l’éducation et la formation tout au long de la vie
Cadre européen pour l’espace européen de l’enseignement supérieur
Des systèmes de crédits d’apprentissage
L’assurance qualité européenne pour l’enseignement supérieur
4. Des outils ouverts sur l’emploi, les métiers et la vie dans la société
DISCO – European Dictionary of Skills and Competences
ESCO – Classification européenne des Aptitudes, Compétences, Certifications et Professions
5. Des référentiels « métiers – compétences – certification » spécialisés
6. Des outils destinés au développement de la Compétence numérique
DIGICOMP pour le citoyen
Cadre européen des e-Competences et des profils pour les professionnels des TIC
Epilogue
Notes et
Ressources complémentaires

1. Revenons aux travaux dHercule de l’Union Européenne.

Ces actions menées depuis 15 ans visent à développer à la fois des outils génériques et des outils spécialisés. Certaines politiques et outils couvrent des catégories larges de besoins, d’autres plus spécifiques. Un nombre important de ces projets sont orientés et/ou sont issus de 4 contextes éducatifs bien identifiés :
L’approche « éducation et formation » de la Commission européenne (CE) s’articule très souvent aux projets et travaux orientés vie sociale, culturelle et/ou économique (TIC, Recherche et innovation par exemple ou Eures, le portail européen sur la mobilité de l’emploi)

Des acteurs assez bien identifiés aujourd’hui

Deux directions générales de la CE soutiennent plus particulièrement ces actions : Éducation et culture (EAC) et Emploi, affaires sociales et inclusion (EMPL).
Notons qu’un certain nombre d’actions et projets de l’UE se déploient à partir du Conseil de l’Europe (à ne pas confondre avec le Conseil de l’Union européenne ou le Conseil européen) d’un périmètre plus large que celui couvert par l’Union européenne. Dans le secteur éducatif, nous avons également des organismes comme l’European Schoolnet (http://www.eun.org/), le réseau des 31 ministres de l’éducation de pays européens, très actif dans les projets et le déploiement des politiques.
A ces institutions, s’ajoutent également les différents organismes participants aux projets européens.
Plus qu’une simple impulsion, l’Union européenne à travers ses programmes, politiques et directives, moyens humains et ressources financières, gouverne réellement l’ensemble de réalisations que nous présentons maintenant.

2. Principes fondateurs

Dans les années 2000 (Conseil de l’Europe de Lisbonne),  l’Union européenne a isolé dans son planning deux thématiques : l’apprentissage tout au long de la vie et les compétences-clés.
Les politiques les plus connues (du moins en France) directement issues de cette stratégie initiée en 2000 sont pour le premier axe, la structure de l’enseignement supérieur (LMD) et pour le deuxième axe, la politique liée à la compétence clé linguistique avec en particulier le CECRL [3], un référentiel qui déclinent les niveaux de langue et que l’on retrouve au sein du dispositif « Europass ». Mais nous allons voir que d’autres actions ancrées dans ces deux principes enrichissent ce panorama pour donner une vision plus étoffée et mieux articulée que ne le laisserait penser ces deux actions.

L’apprentissage tout au long de la vie 

Derrière cette approche, on retrouve les principes courants de compétences, évaluation et certification, portfolio, CV et emploi, apprentissage,…
J’avoue être aussi attaché au terme d’éducation permanente : « l’éducation permanente se définit comme une éducation étendue sur toute la durée de la vie« . Préserver et utiliser (aussi) ce terme a l’avantage de montrer que la problématique n’est pas nouvelle du tout, même si l’organisation du travail, de la vie sociale et l’emprise du numérique viennent décupler ce besoin.
Sources « Apprentissage tout au long de la vie »
Mémorandum sur l’éducation et la formation tout au long de la vie, Document de travail de 40 pages – http://www2.cfwb.be/lll/charger/memorandum.pdf
Site de l’UE (en partie en fr)
Site spécifique

Le renforcement des compétences-clés pour tout citoyen européen 

En ce qui concernent les compétences clés, ce sont en fait 8 compétences clés qui ont été identifiées en 2006 dans le cadre de « l’apprentissage tout au long de la vie ».
  1. Communication dans la langue maternelle / Communication in the mother tongue
  2. Communication en langues étrangères / Communication in foreign  languages
  3. Compétence mathématique et compétences de base en sciences et technologies / Mathematical competence and basic competences in science and technology
  4. Compétence numérique / Digital competence
  5. Apprendre à apprendre / Learning to learn
  6. Compétences sociales et civiques / Social and civic competence
  7. Esprit d’initiative et d’entreprise / Sense of initiative and entrepreneurship
  8. Sensibilité et expression culturelles / Cultural awareness and expression
Chacune de ces compétences peut être prise comme point d’appui pour un programme d’action ou un projet. Nous reviendrons à la fin de ce billet sur la compétence numérique.

3. Des outils dédiés à la formation

Cadre Européens des Certifications (CEC) pour l’éducation et la formation tout au long de la vie

Adopté par le parlement européen en 2008, le Cadre européen des certifications (CEC) se présente « comme un « méta-cadre », censé créer à la fois un langage commun et des références communes entre les certifications des différents pays membres de l’Union européenne »[4].

Cet outil permet de concevoir localement des référentiels plus facilement interopérables et comparables entre eux. Ce cadre se présente sous la forme d’un tableau d’énoncés délimitant les acquis d’apprentissage (=learning outcomes) en termes (colonne) de Savoirs, Aptitudes ou Compétences sur (ligne) 8 niveaux. Ces énoncés simples (une ou parfois deux phrases) permettent de bien distinguer les niveaux des uns des autres.

Par exemple, les acquis en termes de Compétences au niveau 2, 4 et 7  :

Niveau 2 :
– travailler ou étudier sous supervision avec un certain degré d’autonomie ;
Niveau 4 :
– s’autogérer dans la limite des consignes définies dans des contextes de travail ou d’études généralement prévisibles mais susceptibles de changer
– superviser le travail habituel d’autres personnes, en prenant certaines responsabilités pour l’évaluation et l’amélioration des activités liées au travail ou aux étude
Niveau 7
– gérer et transformer des contextes professionnels ou d’études complexes, imprévisibles et qui nécessitent des approches stratégiques nouvelles
– prendre des responsabilités pour contribuer aux savoirs et aux pratiques professionnelles et/ou pour réviser la performance stratégique des équipes.
Ces 8 niveaux de référence au niveau européen sont à même d’englober les types et les niveaux de qualifications mis en œuvre sur l’ensemble du territoire européen. Le travail d’alignement entre système de certification français (sur 5 niveaux) s’est opéré dès 2010.
Sources pour le CEC
Le CEC ou EQF – European Qualifications Framework for Lifelong Learning of the EU (EQF-LLL)
Site officiel – https://ec.europa.eu/ploteus/fr (Learning Opportunities and Qualifications in Europe)
Site spécifique (eng) – https://ec.europa.eu/ploteus/fr/node/1440
La CNCP, point national de coordination, a démarré sur ce chantier dès 2004- http://www.cncp.gouv.fr/international/cadre-europeen-des-certifications
Un exemple (dans le transport) de l’articulation du CEC et des crédits ECVET- http://www.euvetsupport.eu/index.php?id=78&L=2

Cadre européen pour l’espace européen de l’enseignement supérieur

L’espace européen de l’enseignement supérieur a mis en place un système harmonisé sur l’ensemble de l’Union européenne : le système LMD (licence  – master – doctorat) offrant une architecture commune au parcours de l’enseignement supérieur.
Sources pour l’espace européen de l’enseignement supérieur
Site officiel processus de Bologne – http://www.ehea.info/article-details.aspx?ArticleId=17
Rapport « The European Higher Education Area in 2015:Implementation » : http://www.ehea.info/Uploads/SubmitedFiles/5_2015/132824.pdf
Site Enseignement Supérieur – http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/cid20190/organisation-licence-master-doctorat-l.m.d.html –pas une seule fois, cette présentation n’évoque le contexte européen 😉
Modalités d’élaboration et de délivrance des diplômes dans le cadre du dispositif “LMD”  – http://www.education.gouv.fr/bo/2006/47/MENS0603037C.htm
Si le premier outil (CEC) ouvert à tout environnement social ou professionnel vise à faciliter l’interopérabilité entre systèmes, le deuxième (LMD) destiné à l’enseignement supérieur, vise une harmonisation des systèmes : le système LMD et les ECTS s’appliquent dans chaque pays.

Des systèmes de crédits d’apprentissage

Tout citoyen peut ainsi cumuler ses crédits acquis – à travers l’espace géographique (mobilité) et l’espace temps (apprentissage tout au long de la vie) selon deux modalités :

Sources ECTS/ECVET

Un exemple de formation en information-documentation valorisant les ECTS – http://www.rncp.cncp.gouv.fr/grand-public/visualisationFiche?format=fr&fiche=15543

L’assurance qualité européenne pour l’enseignement supérieur

Un tel dispositif nécessite d’outiller au même niveau (européen) l’ensemble des acteurs pour maintenir et améliorer la qualité de l’enseignement supérieur. Le dispositif mis en place associe : un Réseau Européen pour l’Assurance Qualité dans l’enseignement supérieur (ENQA), des règles d’assurance qualité (les ESG=European Standards and Guidelines) et un registre d’assurance qualité européen pour l’enseignement supérieur (European Quality Assurance Register for Higher Education).

Source Assurance Qualité
Site officiel du réseau – http://www.enqa.eu/
Site officiel des ESG – http://www.enqa.eu/index.php/home/esg/. Traduite en français – http://bit.ly/1DJKnUC – Site de révision des ESG –  https://revisionesg.wordpress.com/
Site officiel du registre – https://www.eqar.eu/
Site du HCERES (Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur) http://www.hceres.fr/PRESENTATION/International (ici l’Union européenne est cachée derrière l’international ….)
Citons également le supplément au diplôme, un document qui accompagne un diplôme fournissant une description normalisée des études accomplies par son titulaire. Il est délivré par les établissements d’enseignement supérieur selon des normes convenues par la Commission européenne, le Conseil de l’Europe et l’UNESCO.
Sources Supplément au diplôme

4. Des outils ouverts sur l’emploi, les métiers et la vie dans la société

Nous retiendrons deux outils génériques – DISCO et ESCO – qui adressent tous les terrains professionnels (ou tentent de le faire …).

DISCO – European Dictionary of Skills and Competences

DISCO est tout à la fois un dictionnaire (un thésaurus même) et un dispositif d’exploitation de cette nomenclature. Le dispositif associe des « compétences » (104 000) avec des expressions (36 000) extraites d’offres ou de descriptions de postes dans lesquels on retrouve ces compétences. Les « compétences » sont réparties au sein d’une taxonomie à 2 niveaux composées de 9 catégories correspondants à des qualifications et compétences non spécifiques à des domaines d’activité, et 25 catégories correspondant à des secteurs d’activité.  Les recherches peuvent se faire par une catégories, un terme ou une expressions.
Le portail offre la possibilité de récupérer dans ses propres textes des termes traduits à partir d’un résultat de recherche dans le dictionnaire. Ce dictionnaire peut être utilisé dans d’autres dispositifs et est proposé au format XML (http://disco-tools.eu/disco2_portal/images/DISCO_price_list.pdf).
Quelques mots sur les origines de DISCO II  : Ce dispositif est le résultat d’un projet Léonardo conduit entre 2004 et 2008 dans la mouvance des premières politiques européennes sur ces domaines. Une deuxième étape entre 2010 et 2012 a permis d’étoffer ce dictionnaire et les fonctionnalités proposées sur le portail. Le système s’est développé sur 4 domaines (TIC, protection environnementale, santé et sciences sociales), en s’appuyant sur différentes classifications existantes (ROME français, ISCO-88 – International Standard Classification of Occupation, ou encore ISCED 1997- International Standard Classification of Education).
Une lecture rapide montre une modélisation globale intéressante mais des orientations qui posent question. Par exemple à quoi peut mener en terme d’emploi, de formation ou de métier, une équivalence (synonymie) entre deux activités aussi différentes que : « administration de la documentation » et « droit de l’administration documentaire »  ? Quant au secteur de l’information et documentation, il y est représenté comme … au temps peut être pas d’Otlet, mais de Suzanne Briet !
Ce projet est très intéressant et il est vraiment dommage qu’il ne soit pas poursuivi sur d’autres domaines ce qui aurait mécaniquement imposé une révision sur le fond.
Sources

ESCO – Classification européenne des Aptitudes, Compétences, Certifications et Professions

A la suite des travaux de 2006 sur les compétences clés, un chantier était ouvert sur des « compétences nouvelles pour des emplois nouveaux » avec l’idée « d’anticiper et faire coïncider les compétences requises et les besoins du marché du travail » (2008). Le projet ESCO (European Skills Competencies Occupations Taxonomy) s’est développé dans ce cadre et apparemment en parallèle du projet DISCO …
Avec ESCO nous nous  dans l’espace professionnel avec une coproduction entre deux directions générales de la Commission Européenne : celle de l’Emploi, des affaires sociales et de l’inclusion et celle de l’Éducation et de la culture.
Ce projet, ambitieux, vise la construction d’un système articulant  Profession, Aptitudes-Compétences et Certifications sur l‘ensemble des professions. Nous reviendrons plus en détail sur cette taxonomie. Mais plus que le contenu (tout à fait perfectible) c’est le système technique (ontologie) qui devrait faciliter son exploitation et surtout son adaptabilité qui me semble encourageant.
Certes tout n’est pas couvert (j’ai du mal à trouver les professionnels de l’information et documentation….), mais le modèle global et la structure des composants me semblent très intéressants. Reste à étudier cette classification plus finement, la cohérence avec d’autres projets en résonance et … à cadrer les problèmes techniques  : les URI proposées ne fonctionnent pas !
Sources
Site Nouvelles compétences / Nouveaux emplois – http://ec.europa.eu/social/main.jsp?catId=822&lan&langId=fr
Site spécifique ESCO (le dictionnaire est aussi en fr) – https://ec.europa.eu/esco/home?resetLanguage=true&newLanguage=fr
Ontologie d’ESCO – https://ec.europa.eu/esco/lod/model
Une intervention en 2014 au COEPIA de Johan De Smedt de Ten Force dont nous regretterons l’absence – http://fr.slideshare.net/Tenforce/semantic-webandpublicdata
Concernant ces outils qui se veulent génériques, on peut se poser aujourd’hui la question de leur articulation  :

5. Des référentiels « métiers – compétences – certification » spécialisés

Poursuivons notre panorama avec des travaux plus spécialisés, en énumérant quelques référentiels européens c’est-à-dire financés pour partie avec des fonds européens et qui avaient l’objectif de couvrir l’union européenne. Ces outils se sont développés ces 15 dernières années au gré de l’intérêt et de la motivation des domaines sectoriels eux-mêmes.
Citons en premier, à l’origine de ce blogue, le référentiel des professionnels de l’information et documentation, l’Euroréférentiel des professionnels de l’I-D (sur ce blogue), associé alors à un système de certification qui pourrait aujourd’hui être revu en s’appuyant sur les règles européennes (http://www.certidoc.net/).
Sur le web, on peut également trouver d’autres professions ayant mené ce type d’ouvrages au niveau européen:

6. Des outils destinés au développement de la Compétence numérique

Revenons aux compétences clé. Comme les langues, la compétence numérique, une des compétences clé de l’UE, a très tôt fait l’objet de réflexion, projets et actions diverses de la part de l’UE.
Deux référentiels ont été mis sur pied dans deux contextes distincts :
    • Le premier concerne les citoyens avec le cadre européen de compétence numérique pour les citoyens : « European Digital Competence Framework for Citizens » ou DIGICOMP » (pdf)
    • Le deuxième concerne les professionnels du secteur des TIC, ou e-competence for ICT. Il a été initié par le secteur lui-même au niveau du CEN.C’est ce référentiel qui est en passe de basculer en norme ISO en 2015 (enquête publique).

DIGICOMP pour les citoyens

Toujours à la suite des travaux sur les compétences clés de 2006, puis poursuivi dans le cadre du programme Europe 2020, DIGICOMP (eng) a été initié en 2010 au sein de l’institut des études technologiques prospectives de la Commission (IPTS – Institute for Prospective Technological Studies) (https://ec.europa.eu/jrc/en/research-topic/learning-and-skills?search

Les « compétences numériques » sont définies ici comme « l’utilisation sûre, critique et créative des technologies de la société de l’information (TSI) et, donc, la maîtrise des technologies de l’information et de communication (TIC) pour « atteindre des objectifs liés au travail, à l’employabilité, à l’apprentissage, aux loisirs, à l’inclusion et/ou la participation dans la société ».
Ce référentiel décrit 21 compétences répartie dans 5 domaines de compétences (1. Information, 2. Communication, 3.Création de contenu, 4. Sécurité, 5. Résolution de problème). Chaque compétence étant caractérisée sur 3 niveaux de compétence, complété par des exemples de savoirs (knowledge), savoirs-faire (skills) et aptitudes et enrichi par des exemples d’activités soit dans le cadre d’un apprentissage (learning), soit dans le cadre d’une activité professionnelle (Employment).
Une fiche par compétences très dense !
DIGICOMP - fiche type d'une compétence

DIGICOMP – fiche type d’une compétence

Sources DIGICOMP

Cadre européen des e-Competences et des profils pour les professionnels des TIC

En 2005, des partenaires des professions des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) réunis au sein de l’atelier du CEN / ISSS Workshop décidaient de développer un référentiel des compétences européennes (version 3.0. en anglais) requises et déployées par ces professionnels. C’est ce référentiel de e-compétences, présenté sur ce blogue dans une version antérieure en 2009, qui fait l’objet d’une enquête publique pour passer en norme européenne en 2015.
Ce projet de e-compétences s’est étoffé pour intégrer en 2012 des « profils informatiques professionnels Européens » (version française), « représentatifs, couvrant, avec leur niveau de granularité, la totalité des processus des métiers de l’informatique. »
Ces référentiels peuvent être utilisés tels quels comme référence, ou plus simplement comme base de travail pour développer d’autres référentiels.
  • Le référentiel de e-compétences regroupe 40 compétences réparties dans 5 domaines et relié au Cadre européen de certification (voir .3.). L’originalité de ce référentiel vient des domaines choisis qui représentent les étapes d’un processus spécifique à ce secteur : PLANIFIER (plan), DEVELOPPER (build), UTILISER (run), FACILITER (enable), GERER (manage). Il me rappelle d’ailleurs le nouveau projet de référentiel initié au sein de l’ADBS (présenté à l’AG 2014), mais là où pour les e-compétences, le choix s’est porté sur un processus très spécifique aux métiers des TIC, nous avons fait le choix d’un processus largement connu et partagé en gestion de projet : 1.Concevoir et adapter, 2.Piloter et déployer, 3.Exploiter, 4.Evaluer (terminologie non stabilisée), un processus plus facile à expliquer à des acteurs hors de notre profession.
  • Les profils informatiques professionnels Européens sont au nombre de 23, répartis en 6 familles elles mêmes alignées aux 5 catégories du cadre général de compétences
Ce secteur ayant les moyens de ses ambitions, un portail  a été mis sur pied. Ce portail permet d’exploiter de façon efficace ces deux référentiels, soit en déterminant son profil à partir de la liste des compétences (e-CF view), soit en adaptant un profil type proposé (ICT Profile). Le dispositif offre des outils de comparaison et des fonctions d’export. Un rêve pour tous ceux qui déploient depuis des années des référentiels métiers et compétences !
Sources e-Compétences en TIC
European e-Competence Framework – CEN ICT Skills Workshop – http://www.cen.eu/CEN/sectors/sectors/isss/activity/Pages/wsict-skills.aspx
Portail Cadre des e-competences et profils – http://profiletool.ecompetences.eu/

Epilogue

Que dire à la fin de ce panorama ?

En premier lieu, remarquons l’implication constante dans la durée : sur 15 ans, la très grande majorité des projets s’articulent entre eux et avec le projet politique d’origine (sinon il n’y aurait pas de moyens alloués). On aimerait que ce soit pareil en France ….

Deuxièmement, sans être une spécialiste, je trouve qu’une réelle politique européenne favorisant mobilité et échange et œuvrant aux principes d’éducation permanente voit bien le jour. Beaucoup reste à faire bien sûr, aussi bien vers les régions européennes que vers le « hors Europe ». Des critiques s’élèvent bien sûr sur la place que pourrait prendre l’Union européenne [5]. D’autres critiques s’élèvent sur le côté trop utilitaire (articulation emploi / formation). Sur ce point je pense qu’une plus forte articulation entre toutes les compétences-clés (dont la 6 – Compétences sociales et civiques et la 8 – Sensibilité et expression culturelles) manque cruellement.

Enfin, on peut parler de dispositif (Ensemble d’éléments agencés en vue d’un but précis – Cnrt) et pas uniquement de politique et d’outils. Sont systématiquement agencés : des politiques, des méthodes, des outils concrets sous la forme de plateformes formant un écosystème en direction des politiques, managers et animateurs ou publics visés. Nous ne sommes pas rentré dans le détail, mais c’est une constante dans ces projets européens.

On peut toujours regretter un déséquilibre vers l’anglais, de plus en plus d’information étant exclusivement dans cette langue, ne permettant pas un plus large déploiement sur le terrain.

Notes

[1]
Conseil Européen de Lisbonne. Conclusions de la Présidence – http://www.europarl.europa.eu/summits/lis1_fr.htm
De la stratégie de Lisbonne à la stratégie Europe 2020, Par Marion GAILLARD, le 15 03 2013, http://www.vie-publique.fr/decouverte-institutions/union-europeenne/approfondissements/strategie-lisbonne-strategie-europe-2020.htm
[2] PR NF EN 16234-1 – Référentiel des e-compétences — Partie 1: Référentiel E-Competence Framework (e-CF) – Part 1: Framework – http://www.enquetes-publiques.afnor.org/information-et-communication-numerique/pr-nf-en-16234-1.html
En France les programmes scolaires de l’Education nationale (http://www.education.gouv.fr/cid74880/langues-etrangeres-a-l-ecole-en-europe-un-cadre-commun-de-reference-et-une-diversite-de-pratiques.html) ou le diplôme de compétence en langue (DCL) pour adultes http://www.education.gouv.fr/cid55748/le-diplome-de-competence-en-langue-dcl.html, sont articulés à ce cadre commun de référence.
[4]  Philippe Méhaut et Christopher Winch, « Le cadre européen des certifications : quelles stratégies nationales d’adaptation ? », Formation emploi [En ligne], 108 | octobre-décembre 2009, URL : http://formationemploi.revues.org/2115
[5] Réponse du gouvernement français à un questionnaire de l’UE – réponse qui m’étonne beaucoup (pour ne pas dire plus) tant par la teneur (fond) que le ton (forme) des réponses…
La réponse FR sur le site du SGAE.gouv (Consultation publique sur la création d’un espace européen des compétences et des certifications – 15.04.2014) – http://bit.ly/1h38Slz

Ressources complémentaires

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