S’intégrer à l’environnement de travail des utilisateurs d’information (« embedded librarian »)

Ajout du 09/10/2010 : Numéro spécial de la revue « Public Services Quarterly » (volume 6, Issue 2 & 3, 2010): « Embedded Librarianship »

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Pour ce billet, nous utiliserons le sigle « PID » pour « professionnel de l’information-documentation ».

Le terme « embedded librarian » apparaît régulièrement et fréquemment depuis une petite dizaine d’années dans les pays anglo-saxons. A quelle réalité cette notion renvoie-t-elle ? La lecture d’une étude commandité par la SLA et diffusé en 2009 (1) nous donne l’occasion de nous pencher sur cette question.

  1. Quelques repères
  2. Tous les environnement professionnels sont touchés
  3. Un modèle d’organisation du travail
  4. Quelles compétences pour un PID intégré ?
  5. Référence

1. Quelques repères

« embedded » est un qualificatif déjà utilisé dans plusieurs locutions avec des traductions variables en langue française :

Dans le domaine de l’organisation du travail, on retrouve cette notion pour des journalistes qui sont ici « embarqués dans l’armée« . La Commission générale de terminologie et néologie en France définit le « journaliste embarqué » (en anglais « embedded journalist » ou « embedded reporter ») comme un « journaliste intégré, sur la base d’un accord contractuel, à une unité combattante en opération« .

Même si la généalogie de ce terme n’est pas heureuse, elle reste pertinente. Retirer la notion de combat, mais conserver la notion d’opération/opérationnel; vous retrouvez alors les caractéristiques propres à un modèle général d’organisation de type « personne intégrée », et en contrepoint les caractéristiques qui les distinguent d’un modèle de travail plus courant (voir tableau plus loin).

J’opterai ici pour le terme « intégré », préférant la mise en valeur de la relation à un groupe ou une personne (voir tableau « Quel terme employer ? »). Et même si en France les débats sur l’intégration nous ferait (presque) reculer devant ce terme, c’est prioritairement celui-ci que j’emploierai. Ce terme a déjà été utilisé dans nos secteurs par un responsable de bibliothèque canadien (3) ou par Florence Muet (lien externe, résumé) dans un article récent sur l’évolution du travail des BU en référence au concept d' »embedded librarian » — « En complément, et pour garantir les synergies, une deuxième dimension stratégique est celle de l’intégration. »… « La tendance actuelle est de se couler dans les pratiques et les comportements des étudiants »… « d’être dans une relation de coproduction avec les enseignants » (8, p11)


Caractéristiques d’un modèle d’organisation de type « personne intégrée » (1) :

  • une personne intégrée à une unité particulière qui n’est pas son unité d’origine ;
  • ne faisant pas partie administrativement de cette unité ;
  • pour y assurer sa propre activité de PID ;

Le public est précisément déterminé, le PID travaillant alors sur des périodes longues pour ce public – les consultants ou documentalistes en prestation à « la pige » ne sont pas a priori concernés. Le point fort de ce modèle est une prise en compte des besoins précis de ces publics (customer centric et non library-centric (1, p.9) ;

Ce modèle suppose  :

  • de conduire des activités sous des formes variées autres que la seule fourniture de documents (1) (11)
  • de travailler dans un autre lieu/espace que son propre bureau. Il s’agit ici de s’approprier un environnement que l’on n’a pas construit, qui n’est pas le nôtre – « Being co-located with my customer organization was a critical factor in my success » (10) ;
  • de suivre des finalités et souvent des règles émises par d’autres même si les expériences montrent que rapidement il s’agit de co-construction (2)
  • d’instaurer des modalités administratives et financières particulières entre cette unité ou ce public, et l’unité à laquelle le PID est rattaché — « My time is divided among SEPO, other clients, and the Information Services department ».(10) ;



Quel terme employer en français ?

  • Le terme « embarqué » donne bien cette idée d’une localisation particulière dans laquelle la personne « monte » (s’embarque). La personne embarquée quitte donc le terrain du centre de documentation ou de la bibliothèque pour un autre lieu où se trouve une autre équipe. L’analogie avec le bâteau indique aussi que l’organisation et le fonctionnement de cet espace de travail sont du ressort du pilote de ce bateau, qui n’est pas issu de l’infodoc.
  • Le terme « intégré » quant à lui fournit un autre point de vue, celui  « d’incorporer à », d’amalgamer même, en tous les cas de s’associer à l’équipe en place, ce que le terme « embarqué » n’implique pas nécessairement puisque vous pouvez embarquer et rester dans votre coin.
  • Un troisième terme – « de proximité » – pourrait être employé en français (et l’a été Documentaliste de proximité (embedded) : Entretien Christine Silvy, mais il peut être confondu avec la notion de « services de proximité » ou de « documentation de proximité », notions déjà anciennes faisant référence au déploiement d’unités documentaires sur différents sites pilotés par un dispositif documentaire central. De plus, pour reprendre l’analogie maritime, on peut être « de proximité » mais rester à quai ou sur son rafiot et ne pas du tout s’embarquer avec d’autres équipes, encore moins s’intégrer à celles-ci.  Avec le terme « de proximité », on est donc très loin de la notion telle qu’elle est actuellement proposée.

Notons que les espagnols oscillent aussi entre intégré et embarqué (integrado / incrustado (es))


2. Tous les environnement professionnels sont touchés

Voyons maintenant plus concrètement des retours d’expérience dans différents environnements professionnels.

Dans le secteur de l’éducation et de la formation

La littérature et les actions en faveur du déploiement de PID intégrés, abonde dans ce secteur, le plus souvent en connexion avec des cursus de formation à distance. Un programme de réflexion et de formation en faveur du développement de ce modèle d’organisation a vu le jour en 2004 : Educause (9).

Ces travaux et retours d’expérience montrent des PID assurant au sein d’un programme à distance, une fonction de support aux étudiants dans le domaine de l’information (« to provide research assistance for an
online history course delivered through the Blackboard course management system » (2). La formation « bibliographique » des utilisateurs est assurée depuis longtemps aux USA (4) et ailleurs, mais il s’agit ici de la participation d’un PID à un cursus qui ne relève pas de sa responsabilité. Des missions lui sont confiées par le responsable de ce cursus (« instructor »). Ces missions varient en fonction du responsable du cursus, mais les professionnels ont souvent les moyens de faire évoluer ces missions (voir en (2) le récit de l’enrichissement progressif du rôle et des activités au fil des sessions de formation).

Les missions couvertes dans ces environnements éducatifs sont principalement les suivantes :

  • offrir des ressources (tutoriels) à la demande, en fonction des besoins [aller au devant des étudiants,… et éviter à ceux-ci de venir en bibliothèque au service de « renseignement sur place » ?] ;
  • répondre aux questions documentaires [rôle de professionnel de l’infodoc plutôt que d’enseignant ?] ;
  • vérifier la qualité et la validité des sources citées des mémoires ou autres productions des élèves/étudiants [rôle d’enseignant]

Dans le secteur de la recherche scientifique

Les retours d’expériences des « informationnists » du NIH (National Institue of Health, USA), c’est-à-dire de professionnels de l’infodoc ayant une pratique/maîtrise dans un domaine de spécialité spécifique (chimie, immunologie, ….), montrent que la formation des PID, le périmètre des sources maîtrisées, le type d’offre de produits et services sont fortement orientés par les besoins spécifiques du/des groupes de projet auxquels ils sont associés.

On remarque que cette offre de services spécialisés « sur site » par des PID « informationnists » est organisée en
complément de la « bibliothèque »
(« The informationist provides personalized, on-site information services for your team »).

Ce fonctionnement reposant sur des PID spécialistes attachés aux équipes en place est cité comme une demande de chercheurs comme en témoigne F. Armand : « le chef d’un des laboratoires de recherche de l’EMA me disait regretter le temps où dans un ancien labo, « sa » documentaliste faisait de la veille intelligente, hyperciblée, car elle connaissait les thèmes de recherche, les évolutions, les préoccupations des chercheurs… » (7,p.53).

Gestion des dossiers d’activité

L’organisation et la gestion (et l’informatisation) des dossiers d’activité et d’affaires, terme employé fréquemment au début des années 1980 comme traduction de « records management », constituent un ensemble d’activités que des documentalistes de centres documentaires de grandes entreprises ont été amenés à assurer au profit de l’entreprise et/ou de certaines directions plus opérationnelles – pendant que d’autres PID participaient au développement de dispositifs de veille technique ou concurrentiel.

Dans le secteur juridique

Une étude conduite par les documentalistes/bibliothécaires de cabinets d’avocats ou d’entreprises juridiques, montre que 9% des répondants « ont » des PID intégrés (question – « Y a-t-il des documentalistes/bibliothécaires intégrés (en) ? »). On peut citer également le cas d’un documentaliste travaillant pour le bureau français d’un cabinet d’avocat international : intégré à une petite équipe en France mais suivant les modalités de fonctionnement pilotées par le dispositif central à l’étranger, le PID a une double casquette professionnelle, ici de documentaliste-records manager (en fait pour une boîte USA -> librarian / manager of records).

Documentaliste technique et documentaliste-veilleur

Le mouvement de la qualité dans les entreprises (fin des années 80 en France) a été une source d’emploi pour des documentalistes qui devenaitle référence « infodoc » au sein des équipes qualité. Lorsque les relations entre les réseaux documentaires de l’entreprise et les unités méthodes et techniques étaient fortes, les documentalistes assuraient alors (à temps partiel) des fonctions de gestion documentaire et d’assurance au responsable qualité. De même pour le « doc controller » ou documentaliste technique.

On peut citer également des PID travaillant à temps variables pour (ou dans) des cellules de veille ou observatoires avec des experts de différents secteurs. Un moyen de distinguer parfois des documentalistes intégrés par rapport à des PID d’un centre documentaire offrant des prestations de veille, est de noter l’usage des applications ou outils (logiciels, vocabulaires contrôlés) de ces services ou départements dans lesquels ils sont intégrés.

Tous les environnements professionnels sont donc concernés par ce déplacement de point de vue : d’un PID centré sur « sa » bibliothèque ou « son » centre documentaire vers un PID centré sur des groupes d’utilisateurs clairement identifiés (« whose offices are moved from a central library to their customer groups, so that they can work more closely with the members of those groups »).

3. Un modèle d’organisation du travail

Comme souvent dans les modèles d’organisation du travail, les formes qui semblent nouvelles n’apparaissent pas subitement par génération spontanée.

Nous ne mentionnerons pas ici l’histoire primitive de l’organisation du travail dans le domaine de l’infodoc, du « bibliothécaire privé » (polar en 2007) ou de « l’archiviste privé » (par exemple celui de la Cour de Desde), ni des cabinets (de lecture, …) ou des bibliothèques. Limitons nous à la période contemporaine…

Ce phénomène des PID intégrés (ou réintégrés) aux équipes est initié dans les années 1980

En effet, en lisant le rapport d’étude rédigé par David Shumaker (1b) en 2009 sur les modèles des PID intégrés, je ne peux m’empêcher de repenser aux 7 années passées en tant que PID dans un centre de recherche entre 1983 et 1989 : « documentaliste détachée »(autre terme utilisé à l’époque et faisant référence au centre documentaire dont le documentaliste est originaire, plutôt qu’aux groupes utilisateurs auxquels il est plus particulièrement intégré) ou « documentaliste de référence » auprès de trois départements/services, nous assurions de multiples activités et prestations pour/avec ceux-ci : participation à différentes réunions de ces départements (programmation de recherche, veille) pour évaluer les besoins et répondre aux « problèmes » documentaires, appui aux activités opérationnelles conduites par les équipes sur les plans de l’organisation documentaire (dossiers d’affaires, aide à la sélection aux abonnements, participation à des salons,…), co-rédaction de rapports techniques sur la veille….  Le rapport de David Shumaker (2009) cite d’ailleurs l’example dans les années 1975 du secteur médical où des professionnels de l’infodoc intégraient des équipes de soins.

Ce phénomène s’étend depuis les années 80 dans différents environnements professionnels

Ce phénomène visible dès les années 1980, s’est poursuivi avec ce même objectif de faire évoluer les relations construites entre un dispositif documentaire central et ses publics (« la fin d’un modèle, celui des années 1970-1995 », J.Michel) – ceux-ci s’éloignant de plus en plus des dispositifs documentaires.

  • L’enquête de l’ADBS de 1999 (13) indiquait un fort développement de « l’activité en ID hors unités
    documentaires
     » avec deux raisons principales : des germes d’activité documentaire [pouvant] donner naissance à de véritables unités documentaires, mais aussi [..que] des professionnels de l’ID se trouvent plus souvent dispersés dans les services fonctionnels ou opérationnels ayant d’autres activités principales que la documentation. On pense par exemple aux documentalistes directement rattachés à des services de marketing ou de veille concurrentielle ».
  • En 2001, une étude du cabinet Histen Riller (France) reportée dans un numéro de 2001 de la revue Documentaliste (site Cairn) mettait en relief l’existence (probable) de ce phénomène d’intégration aux services dans les entreprises : « Notre propre enquête nous enseigne […] que 21 % au moins des 181 plus grandes entreprises françaises industrielles et commerciales n’ont pas ou n’ont plus de CID [Centre d’information et de documentation]. Le besoin en information ne pouvant disparaître purement et simplement, on peut supposer, comme cela nous a été confirmé parfois au cours d’entretiens téléphoniques, que la fonction I-D est dispersée au niveau des services, et assurée sur un plan local pour les besoins spécifiques des unités auxquelles elle est intégrée ».
  • Depuis « avril 2002, le conseiller en documentation du secteur « administration et économie » à la Bibliothèque Paul-Émile-Boulet de l’UQAC (Canada), …, assure une demi-journée par semaine de service sur place au Département des sciences économiques et administratives de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) » (6, p.4). Il faut dire que la fréquentation de la bibliothèque était passée de 410 553 en 1994/1995 à 277 643 en 1998/1999 (6- note1, p.4).

Même si les méthodes d’enquêtes ne permettent pas (malheureusement) d’évaluer le niveau d’importance de ces modèles de travail répartis, les PID intégrés à des services des organisations et entreprises sont bien mentionnés, parfois sans aucun lien à une structure documentaire centrale, dans d’autres cas préservant cette appartenance à un dispositif central, comme avec l’expérience canadienne.

Depuis le début du développement des fonctions documentaires (50 ans) aussi bien dans les structures publiques que privées, on note des mouvements de balancier entre deux extrèmes :

  • des PID d’un centre documentaire offrant des services très personnalisés pouvant aller jusqu’à la réalisation d’activités documentaires au sein de certaines unités ;
  • des PID embauché(e)s directement par ces unités, perdant souvent le contact avec le réseau documentaire des entreprises, ces services « utilisateurs » prennant en main leur destinée documentaire et intègrent un/des PID dans leurs équipes.

Si l’on ne s’attache qu’à la personnalisation des activités et à un travail plus intégré au sein d’une équipe, de nombreux PID peuvent être considérés comme des PID intégrés.  Mais la notion de « embedded librarian » telle que promue à l’heure actuelle semble surtout faire référence à des PID rattachés à un service documentaire ou bibliothèque. Dans le monde de l’entreprise, le déploiement de ce modèle d’organisation du travail peut être facilité par l’existence d’un fonctionnement matriciel, le PID pouvant être fonctionnellement et administrativement rattachés à des unités différentes. Mais on voit aussi aux USA des documentalistes en « solo » (terme employé fréquemment dans les pays anglo-saxons) se dénommer « embedded librarian » (le blogue d’une PID en solo)« . Cet aspect administratif lié au statut ne semble pas constituer le point saillant de ce modèle.

Les motifs pour le redéploiement des PID intégrés sont pour une grande part de nature économique.

Les services opérationnels, qui dans leurs beaux jours ignorent superbement les dispositifs documentaires centraux,  trouvent à nouveau un grand intérêt à ces structures lorsque les budgets se réduisent. Quant aux dispositifs documentaires, qui ont tendance à se retrancher derrière leur forteresse de documents par beau temps cherchent, dans la période actuelle critique et très mouvante, à retrouver leur public (qui ne viennent plus dans ces forteresses) sur un terrain nouveau pour eux : quitter la bibliothèque/centre documentaire, pour répondre aux besoin documentaires des utilisateurs.

A cette pression économique forte pour les deux « partenaires », s’ajoutent des besoins aigus autour de l’information et de la documentation dans les services sous des formes variées aussi bien d’actions de conseil que d’activités plus opérationnelles, mais non couvertes et pour lesquels les services, peu armés, sont en attente.

Cette conjonction de facteurs auxquels il faut ajouter des facteurs facilitateurs comme le développement de forme d’organisation de travail plus collaboratives soutenus par des outils techniques adaptés, nous semble être à l’origine de ce développement des PID intégrés dans les lieux professionnels où ce modèle n’existait pas ou n’existait plus.

Comme toujours avec les modèles, les situations concrètes dépendent beaucoup des contextes, du professionnel intégré et de l’unité intégrante, de son fonctionnement.

Quelles compétences pour un PID intégré ?

Que pourraient être les attributs critiques qui faciliteraient l’intégration d’un PID à une équipe ? (voir aussi 1b, p.9)

  • Orienter son action suivant les spécificités du contexte et des pratiques des équipes
    Cela suppose – de part et d’autre – des relations de confiance, des échanges ouverts, ….
    Sur ce point, les choses bougent favorablement, mais il reste encore bien souvent des incompréhensions de part et d’autre qui, au mieux freinent, au pire bloquent le développement harmonieux de ces pratiques de travail (12).
  • Investir les thématiques et les pratiques des collaborateurs. Pour pouvoir assister les équipes, en recherche ou veille documentaires mais aussi dans des activités d’organisation ou de gestion des connaissances, il est indispensable d’investir les domaines d’intervention des équipes (témoignage-adbs: IE) en laissant de côté les approches généralistes, disciplinaires ou « éditoriales » (les sources de tel éditeur, telle forme des supports).
  • Développer des compétences liées à la gestion des connaissances plutôt que la gestion bibliothéconomique. Plutôt que d’appliquer systématiquement les méthodes et outils utilisés pour gérer les fonds des dispositifs multi-domaines que sont, par construction les bibliothèques et centres documentaires, il est indispensable de déployer des pratiques de travail, des méthodes et des outils adaptés aux activités et aux domaine de connaissances et à l’environnement de ces équipes, voire utiliser prioritairement les outils des utilisateurs eux-mêmes.

Ces trois attributs sont liés entre eux ; les trois renvoient à la nécessité de se décentrer et de ne pas penser « un PID intégré à des équipes » comme le transfert de pratiques mises en oeuvre dans une bibliothèque/centre de documentation à ces équipes.

En particulier, le besoin d’information ne doit pas être perçu uniquement comme une action de recherche de documents : les utilisateurs réalisent des activités professionnelles dans lesquelles s’insèrent des données ou des informations plus élaborées. Le plus difficile pour les PID est de casser la logique traditionnelle  – posez une question précise – repérer un document – on vous fournit le document …. , et de prêter plus attention à l’amont (le besoin à la source) et en aval (comment l’information sera utilisée) pour adapter son action.

Mais en réalité, cette posture orienté pratique et expérience utilisateurs devrait être de mise même pour un dispositif documentaire centralisé (7, p.57). !

Référence

David Shumaker

[^]1a. Moving to Client-Embedded Services. Building and Sustaining Embedded Information Services, David Shumaker, June 13, 2006, ppt

[^][^Chap3]1b. Models of Embedded Librarianship, David Shumaker, Mary Talley, June 30, 2009 (rapport d’étude commandité par la SLA)

1c. Le blog de David Shumaker – http://embeddedlibrarian.wordpress.com/

(à ne pas confondre avec le blogue d’une PID intégrée (http://embeddedlibrarian.blogspot.com) !

[^] 2. Serving as an “Embedded Librarian” in an Online Course, Mark Love, Scott Norwood, 2005, Brick and Click Libraries. An Academic Library Symposium, Northwest Missouri State University, 14 octobre 2005 <sur le site Eric.gov>

[^] 3. Les bibliothécaires à l’heure des nouvelles technologies de l’information et des communications, Alain Roberge, APLA Bulletin Volume 73, Issue 4 – April / May 2010, http://www.apla.ca/bulletin/73/4.roberge

4. The Library-Classroom Link: History, Theory, and Application,  Deborah Grimes J., 2003  <sur le site Eric.gov>

[^] 5. NIH – The « embedded librarian : NIH informationists become team players » <http://www.nih.gov/catalyst/2005/05.11.01/page8.html>

6. L’intégration physique du conseiller en documentation à un département, Marie-Claude Gauthier, Serge Harvey, Juin 2006 <http://sdeir1.uqac.ca/introduction_13827473.html>
[Enquête visant à évaluer la pertinence de cette localisation d’un conseiller auprès d’un département qui favorise grâce à une meilleure communication, l’utilisation de la bibliothèque centrale !]

7. Dossier ADBS – La relation clients-professionnels de l’info-doc : vers une nouvelle intermédiation ?, Documentaliste-Sciences de l’information, 2009, vol.46, n°31.

[^](7 p.57) Témoignage. « La documentation s’est positionnée comme un relais de communication », Danièle Coussot.

> Ce dossier comporte une 20aines de papiers (de taille très variable). Il fait la part belle au milieu bibliothéconomique et éducatif du secteur public, ce qui me fait dire qu’il aurait très bien pu être édité par BBF – moyennant un changement de titre !. Y compris pour l’approche sociologique convoquée dans ce numéro qui relève strictement de la « lecture publique » et du lecteur par rapport à une bibliothèque (le cas des mangas). Toujours intéressant mais peu de choses concrètes à extraire de ce dossier pour le terrain en entreprise en dehors du témoignage de la responsable documentaire de l’Equipe (p.57), le témoignage de Total ne pouvant être vraiment exploité tant cette entreprise est … particulière par sa taille et ses moyens financiers.Aucun billet ne mentionne autre chose que la « Bibliothèque » et les « autres » – les lecteurs….; aucune mention (me semble-t-il) de cette notion de PID intégré. Etonnant.

[^] 8. Florence Muet

Mutations de l’enseignement supérieur et perspectives stratégiques pour les bibliothèques universitaires, Florence Muet, Documentaliste Sciences de l’information 2009, vol. 46, n°4, pp.4-12 <http://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=DOCSI_464_0004>

[* Sont évoqués dans cet article, un autre modèle (p.12) : « Une autre déclinaison de cette logique d’intégration réside dans la tendance également observée d’insérer dans les lieux mêmes de la bibliothèque d’autres services de l’institution (par exemple, le centre d’édition, le service informatique, le service de tutorat pédagogique, etc.) dans une perspective de décloisonnement. »]

[^] 9. EDUCAUSE

The Embedded Librarian Program : Faculty and librarians partner to embed personalized library assistance into online courses, Victoria Matthew and Ann Schroeder, EDUCAUSE Quarterly Magazine, Volume 29, Number 4, 2006 <http://www.educause.edu/apps/eq/eqm06/eqm06410.asp>

[^] 10. Mitre

Embedded in systems engineering: how one organization makes it work, Michael F. Moore, MITRE <http://www.thefreelibrary.co/Embedded+in+systems+engineering:+how+one+organization+makes+it+work.-a0146831685>

[^] 11. Corporate librarian or corporate climber? Understanding your skills and communicating their value can help you pursue a career path outside a library as well as inside one, Maule Amy, Information Outlook (September 1, 2009). <http://www.thefreelibrary.com/Corporate+librarian+or+corporate+climber%3F+Understanding+your+skills…-a0209095947>

[^] 12. Le développement des liens entre psychiatres et documentalistes, Claude Veil, 24 avril 1997 <http://psydoc-fr.broca.inserm.fr/colloques/cr/geneve/veilgen.html>

(« L’inappropriation des représentations, incluant la méconnaissance réciproque des partenaires. »…  » D’autres (ils ne furent pas rares) considéraient les documentalistes comme une sorte de secrétaires médicales qui pouvaient être de bonnes exécutantes mais qui, sur leur propre métier, n’en sauraient jamais autant qu’eux. A moins qu’elles ne soient perçues surtout comme inutiles, voire comme gênantes dans le travail ».

[^] 13. Etude ADBS 1999
L’évolution de la fonction Information-Documentation : principaux résultats de l’enquête ADBS 1999, Benoît Roederer, Documentaliste Sciences de l’information, Volume 36, N° 4-5, paru le 1 juillet 1999, page(s) 229-235.

Diffusé le 16/08/2010

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